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Prenons de la hauteur sur la biodiversité à l'échelle mondiale, à l'occasion de la sortie du rapport de l'IPBES

30/04/2019

En mai 2019, une nouvelle synthèse mondiale décisive sur l’état de la nature, des écosystèmes et des contributions apportées par la nature aux populations sera présentée aux représentants de 131 Etats membres des Nations-Unis, qui en discuteront en vue d’une approbation.

Objectifs d'Aïchi, agenda de Sharm El-Sheick, CDB, protocole de Nagoya, COP 15, IPBES, etc. : vous êtes perdus ? Cet article est fait pour vous !

 

La sortie imminente du rapport d'évaluation mondial sur la biodiversité et les services écosystémiques de l'IPBES en mai 2019 est l'occasion de revenir sur les fondamentaux de la prise en compte de la biodiversité à l'échelle mondiale. 

Cet article vous éclaire, à cette occasion, sur la prise en compte de la biodiversité à l'échelle mondiale, cadre de référence pour tous les gestionnaires d'AMP.

 

 

Actualité avec la présentation de l'évaluation mondiale sur la biodiversité et les services écosystémiques de l'IPBES

Cette évaluation fait suite au "Millenium Ecosystem Assessment" (Evaluation des écosystème pour le millénaire) publié en 2005. C'est le 1e rapport intergouvernemental  de ce type. Ce rapport sera achevé et examiné lors de la 7e plénière de l'IPBES (qui se déroule du 29 avril au 4 mai 2019 à Paris, au siège de l'UNESCO).

Le site web de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) présente ainsi ce titanesque travail :

  • élaboration par 150 éminents experts internationaux issus de 50 pays et contributions additionnelles de 250 experts
  • 3 années de travail pour un coût total de plus de 2,4 millions de dollars
  • 15 000 références prises en compte (scientifiques et gouvernementales)
  • conciliation des représentations des sciences naturelles et sociales
  • intégration, pour la 1e fois à cette échelle, des savoirs, problématiques et priorités autochtones et locaux

Le « résumé à l’intention des décideurs », soulignant les principaux messages, résultats et options, doit être présenté au public au siège mondial de l’UNESCO, à Paris, le lundi 6 mai 2019.

L’évaluation mondiale couvre l’ensemble des écosystèmes terrestres (à l’exception de l’Antarctique), des eaux intérieures et des océans en évaluant les changements survenus au cours des 50 dernières années, et les conséquences pour nos économies, nos moyens de subsistance, notre sécurité alimentaire et notre qualité de vie.

Cette évaluation explore les incidences du commerce et d’autres processus mondiaux sur la biodiversité et les services écosystémiques, elle classe les impacts relatifs du changement climatique, des espèces envahissantes, de la pollution, des changements dans l’utilisation des mers et des terres et de toute une série d’autres défis posés à la nature.

Elle propose de mettre en lumière six scénarii (optimisme économique ; concurrence régionale ; durabilité mondiale ; statu quo ; durabilité régionale et marchés réformés) qui décrivent l’état de la biodiversité dans plusieurs décennies et évaluent les options et trajectoires des politiques, des technologies, des gouvernances et des comportement humains pour atteindre les objectifs mondiaux.

 

Les résultats de cette évaluation, approuvés par les 130 États membres de la plateforme, devraient servir de référence à l’élaboration du futur cadre mondial pour la biodiversité post-2020.

 

 

La prise en compte de la biodiversité à l'échelle mondiale, notre cadre de référence à tous

La vision générale de la prise en compte de la biodiversité à l'échelle mondiale est "D’ici à 2050, la diversité biologique est valorisée, conservée, restaurée et utilisée avec sagesse, en assurant le maintien des services fournis par les écosystèmes, en maintenant la planète en bonne santé et en procurant des avantages essentiels à tous les peuples."

Liste non exhaustive des textes fondamentaux de la biodiversité, quelques mots clefs et liens pour aller plus loin :

  • La convention sur la diversité biologique (CDB, adoptée en 1993) autour de trois objectifs principaux : conservation de la diversité biologique, utilisation durable des composantes de la diversité biologique, partage juste et équitable des avantages découlant de l'utilisation des ressources génétiques. La CDB est une sorte d’Assemblée Générale des États au chevet de la nature.
  • Le Plan stratégique 2011–2020 pour la diversité biologique (adopté lors de la COP 10 de Nagoya en 2010) est un cadre d’actions échelonné sur dix ans pour tous les pays et les parties prenantes engagés à préserver la biodiversité et accroître ses avantages pour les peuples. Il repose sur cinq grands buts, incluant les 20 objectifs d'Aïchi :  gestion des causes de l'appauvrissement de la diversité biologique, réduire les pressions directes, améliorer l'état de la diversité, renforcer les avantages fournis par la diversité, planification participative.
  • L'objectif n°10 d'Aïchi, spécifique à la mer : D’ici à 2015, les nombreuses pressions anthropiques exercées sur les récifs coralliens et les autres écosystèmes vulnérables marins et côtiers affectés par les changements climatiques ou l’acidification des océans sont réduites au minimum, afin de préserver leur intégrité et leur fonctionnement.
  • L'agenda de l’action de Sharm El-Sheick pour la nature et les peuples : C'est ainsi qu'est nommée la trajectoire qui va de la COP 14 à la COP 15 et qui devrait se traduire par un accord international sur la biodiversité en 2020 (pendant de l’accord de Paris pour le climat).
  • Cadre mondial pour la biodiversité post-2020 : se basant sur le rapport 2019 de l'IPBES, cet accord international devrait être adopté en 2020 lors de la COP 15.
  • Le protocole de Nagoya  (signé le 12 octobre 2014) est un accord international visant à partager les avantages découlant de l'utilisation des ressources génétiques d'une manière juste et équitable.
  • Le programme de développement durable à l’horizon 2030 (adopté en 2015 par l'Assemblée des Nations-Unies), constitue le nouveau cadre de développement mondial reposant sur 17 objectifs de développement durable déclinés en 169 cibles dans les domaines de l'économie, du développement social et de la protection de l'environnement. L'élimination de la pauvreté est le premier objectif de ce programme dont l'approche s'avère beaucoup plus ambitieuse que celle des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).
  • L'accord de Paris sur les changements climatiques (signé en 2015, à Paris par 195 pays), définit un plan d’action international, juridiquement contraignant, visant à mettre le monde sur la bonne voie pour éviter un changement climatique dangereux, en maintenant le réchauffement planétaire largement en dessous de 2°C. La conférence des parties (COP climat) de la convention sur le climat se tient tous les ans.

     

L’année 2020 marquera la fin de deux décennies d’engagements chiffrés des Etats en faveur de la biodiversité. Ces deux décennies n’ont cependant pas été suffisantes pour engager suffisamment les différents acteurs concernés (y compris le secteur privé et les collectivités territoriales) et ainsi préserver la biodiversité. Il est à présent certains que les objectifs d’Aichi ne seront pas atteints en 2020, en raison principalement d’une absence de prise de conscience globale des enjeux liés à la perte de la biodiversité et surtout d’une absence d’actions majeures pour la préserver.

L'évaluation mondiale de l'IPBES, travail sans précédent, fournira une base de connaissances scientifiques fondée sur des éléments probants, qui pourraient éclairer les décisions publiques et privées et contribuer à atteindre les objectifs sur lesquels les Etats membres se sont engagés.

 

 

Les grands jalons mondiaux 2019-2020 de la biodiversité

La tenue de la 7e plénière de l’IPBES (Paris du 29 avril au 4 mai 2019) intervient à un moment clef de l’agenda politique avec la concomitance du G7 environnement (Metz du 5 au 6 mai 2019), puis le congrès mondial de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) au printemps 2020 à Marseille et la COP 15 fin 2020 à Kunming en Chine.

 

La prochaine décennie (2020-2030) devra renouveler le cadre d’engagement de toutes les parties prenantes autour d’objectifs simples, ambitieux, chiffrables et vérifiables.

 

 

Présentation de l'IPBES

La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) est un organisme intergouvernemental ouvert à tout membre des Nations-Unies (131 Etats membres en 2019). Elle a été créée en avril 2012. Sont fonctionnement se rapproche du GIEC pour le climat.

Destinée à améliorer les liens entre les connaissances et la prise de décision, elle entend identifier et élaborer des outils et des méthodes d’appui aux décisions qui prennent en considération toutes les connaissances pertinentes sur la biodiversité et les services écosystémiques, qu’elles  proviennent de la recherche scientifique, des gouvernements, des organisations non-gouvernementales (associations, entreprises…) ou des acteurs locaux et autochtones.

Les quatre fonctions de la plateforme sont :

  • production d’évaluations sur la biodiversité et les services écosystémiques
  • renforcement des capacités
  • appui à l’élaboration des politiques
  • coordination de la production de connaissances

 

Pour en savoir plus

Pour en savoir plus sur l'IPBES (en anglais) et pour télécharger le rapport d'évaluation mondial sur la biodiversité et les services écosystémiques et le résumé à l'intention des décideurs, dès leur publication (courant mai/juin 2019) : www.ipbes.net

Pour en savoir plus sur l'IPBES (en français, via le site de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité) : www.frb-ipbes.fr

Pour télécharger les résumés (en anglais) des rapports d'évaluation pour chaque grande zone mondiale (Europe & Asie centrale, Asie & Pacifique, Afrique, Amériques) : www.ipbes.net/assessment-reports

Pour télécharger un dépliant présentant en français les principaux messages de l'évaluation IPBES pour la zone Europe et Asie centrale : c'est pas ici

 

Pour en savoir plus sur les textes fondamentaux de la prise en compte de la biodiversité à l'échelle mondiale sur le site de la convention sur la diversité biologique : www.cbd.int

 

Sources de l'article :

Mots-clés associés : évaluation rapport biodiversité

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